La Chambre Bleue

La Chambre Bleue est un tableau figuratif de Suzanne Valadon (1865-1938): avec une dimension de 90 x 116 cm fait avec de la peinture à huile et un format paysage sur toile fini en 1923. La toile est acquise par Don de Lord Joseph Duveen en 1926.
Nous voyons une femme en « pyjama »(marcel rose, pantalon blanc avec des bordures vertes), une cigarette à sa bouche, des livres près d’elle; s’allongeant sur son lit bleu constitué de dessins de lierres blancs. Au fond, nous voyons des rideaux bleus s’alliant au lit faisant penser à un lit de princesse ou encore, un lit oriental. Il y a aussi au fond, quelques chose d’un mur, peut-être abstrait avec des nuances de couleurs de chaire ou encore végétale mais c’est une supposition. Nous ne savons pas s’il y a un fond ou non, s’il y a un paysage ou un mur ou autre.
Son titre fait bien-sur référence à son lit bleu encadrant le modèle, le personnage.
Alors je ne vous ai pas dit qu’il s’agissait d’un autoportrait car il n’est pas catégoriser comme un autoportrait alors qu’on peut dire que c’est un autoportrait. « Symboliquement, Suzanne Valadon représente elle-même, cette femme libre qui fume, qui lit, qui est en pyjama, ça peut-être elle même. Même si le visage, elle n’est pas le modèle. Mais c’est une représentation symbolique de ce qu’elle est. » (selon le podcast de la rétrospective du Centre Pompidou sur les autoportraits de Suzanne Valadon)
Nous pouvons dire aussi que c’est une scène de genre car l’œuvre représente une femme qui se relaxe dans son lit tout simplement.
Mais revenons à cette idée de femme libre: « à un moment réévalue l’art des artistes femmes, en célébrant finalement le regard très différent qu’elles pouvaient avoir avec des collègues masculins, il est effectivement passionnément de voir ce que Suzanne Valadon a pu apporter à la peinture de son époque; et qui se cristallise un petit peu dans une œuvre emblématique, la Chambre Bleue puisque la Chambre Bleue , c’est une œuvre qui arrive dans un moment de maturité de sa carrière , nous sommes dans les 15 dernières années de sa vie artistique, nous sommes après la première Guerre Mondiale, un trauma dans la société et qui va d’ailleurs, profiter à une réévaluation du rôle des femmes dans la société qui est déterminant. Et bien cette Chambre Bleue, présente tous les stéréotypes de la figure féminine mais cette fois-ci habillée, avec cette disposition nouvelle, cette indépendance des femmes. (…) par exemple, elle fume marquant cette indépendance.« (selon le podcast de la rétrospective du Centre Pompidou sur les autoportraits de Suzanne Valadon)
Effectivement, Suzanne Valadon marque l’indépendance des femmes avec un bouleversement des codes de la figure féminine dans la peinture.

En quoi Suzanne Valadon dans la Chambre Bleue ,à travers le bouleversement des codes, montre-t-elle l’indépendance dans le mythe classique féminin de la figure de la femme dans la peinture?

Histoire( Comment est-elle arrivé à cette peinture?)

« Née à Bessines-sur-Gartempe en 1865, de père inconnu, elle s’appelait en réalité Marie-Clémentine. Sa mère, Madeleine Valadon, l’élève seule. En 1870, elle décide de quitter le Limousin et s’installe à Paris dans le quartier des artistes désargentés: la Butte Montmartre. La fillette enchaîne très tôt les petits boulots: serveuse, marchande de légumes, livreuse de linge. Elle sera acrobate au cirque Medrano avant qu’une chute mette fin à sa brève carrière. Dès l’âge de 15 ans, elle fréquente le marché aux modèles de la place Pigalle. Elle accepte de poser nue – c’est payé trois fois plus cher – et se choisit un nouveau prénom : Maria.
Pierre Puvis de Chavannes sera l’un des premiers à la prendre pour modèle.
Renoir, limousin d’origine comme elle, apprécie également cette fille pimpante qui peut tenir la pose pendant des heures. Il la peint de dos en danseuse élégante, en baigneuse attendrissante, deux tableaux phares de l’exposition. Maria sera aussi l’un des grands modèles de Toulouse-Lautrec qui préfère la brosser en fille des faubourgs. L’une de ses toiles, Gueule de bois, la représente de profil dans un café, le regard perdu. Le vilain Toulouse-Lautrec et la belle Maria vivront une tumultueuse histoire d’amour. C’est lui qui l’aurait baptisée ironiquement Suzanne en référence à l’innocente Suzanne de la Bible que des vieillards observent pendant son bain. Elle adopte ce nouveau prénom, le troisième et n’en changera plus. En observant attentivement ces peintres travailler pendant une dizaine d’années, la jeune femme va former son œil et son pinceau pour passer de l’autre côté du chevalet. Chiara Parisi, directrice du centre Pompidou-Metz explique qu‘elle s’est inspirée de leurs techniques et de leurs gestes, non pour les copier mais pour créer une œuvre singulière et très contemporaine. Indépendante, elle n’a pris part à aucun des courants de son époque : l’impressionnisme, le cubisme, le fauvisme. »(selon Franceinfo sur l’exposition Pompidou sur Suzanne Valadon)

« En 1923, lorsqu’elle réalise La Chambre bleue, Suzanne Valadon est déjà une artiste reconnue par ses pairs, vivant de son travail. Cette petite toile, aux camaïeux de bleus, s’inscrit dans une série de portraits féminins réalisés à une époque où l’artiste explore le rapport entre identité personnelle et espace privé. (…) Suzanne Valadon s’est souvent servie de ses modèles féminins pour explorer des thèmes liés à sa propre vie, à ses émotions et à son identité. Elle a également peint plusieurs autoportraits au cours de sa carrière, montrant qu’elle n’hésitait pas à s’interroger sur sa propre place en tant que femme et artiste. Si La Chambre bleue n’est pas officiellement un autoportrait, on peut y voir une projection de ses idées, de son expérience de femme affranchie des attentes sociales, et peut-être une évocation subtile de sa propre vie intérieure. » ( selon le Focus du centre Pompidou sur la Chambre Bleue)

Pourquoi la Chambre bleue?

« Odalisque: Dérivant du turc odalik, ce terme désigne une femme vivant dans un harem au service du sultan dans l’empire ottoman. Son turban et l’éventail de plumes qu’elle tient évoquent son statut. Dans l’imaginaire des artistes occidentaux, la figure de l’odalisque est associée à un monde fantasmé de plaisirs et de sensualité. Au XIXe siècle, l’Orient est à la mode et nombreuses sont les représentations de ces femmes en peinture ou en littérature. «  (selon le Musée des Beaux Arts à Lyon)
La Chambre Bleue fait référence au harem à travers le lit et les rideaux faisant un divan mais aussi le jeu entre le bleu et le blanc comme sur la vaisselle turque ou méditerranéen. Il y a aussi la pose de la femme qui peut faire penser aux sculptures de Versailles. Cette pose ressemble aussi aux poses des odalisques avec les lignes directrices étant pyramidale mais aussi serpentine.

« On entre dans la chambre, mais pas comme client, ni comme amant, encore moins comme époux : la femme lourde et tranquille qui repose sur un large divan, allongée et accoudée, telle une Odalisque ou une Vénus poids lourd dans une niche, n’a rien à vendre ou à demander. Ni violon d’Ingres ni dame au Titien, elle n’est pas là pour séduire, symboliser, apitoyer, exciter. Elle n’est pas au harem, ne joue pas du luth, ne déjeune pas sur l’herbe avec des messieurs en costumes. D’ailleurs, elle ne nous regarde pas. Elle s’en fout, elle fume. Ou va le faire : aucune fumée ne sort de la clope aux lèvres rouges, qui semble roulée, comme une clope d’ouvrière ou de conscrit. Le corps vit dans le décor, le décor vit par le corps, c’est tout et ça s’impose. »( selon Phillipe Lançon sur l’article de la rétrospective au centre Pompidou dans le site du journal de Libération)

L’indépendance dans le mythe classique féminin

Bon, on retrouve l’indépendance dans sa manière d’être montrer: c’est une femme obèse ou robuste en pyjama( pour les hommes) avec une cigarette à la bouche, des livres à ses pieds montrant qu’elle n’est pas dans la débauche. Elle regarde assurément. La peau est peinte de façon pas nette mais plus ferme avec des nuances de couleurs allant du beige au violet clair. La femme est proche de nous. La palette de couleurs sur les différentes zones du tableau est très grande avec le bleu nuit clair à foncé, le beige au violet clair, marron clair à foncé. Elle est disposé pas en arrondissement de la lumière mais en taches. On pourrait donné une interprétation poétique de cette palettes de couleurs représentant la multitude des facettes de la figure de la femme., mais c’est surtout la peinture de Suzanne Avalon qui est comme ça. En tout cas,je pense que cela permet à ne pas avoir des couleurs réalistes ou encore surréalistes permettant encore de voir autre chose que cet image de l’idéal féminin. Il y aussi le point de vue ou l’on se retrouve devant et non légèrement en contre-plongée. il y a une lumière assez omniprésente et non sur le modèle.
la Chambre Bleu n’est pas dansun beau désordre ou chaque objet est à sa place(je parle bien sur des livres. La chambre bleue n’est pas un beau désordre (constitué de dessins blancs de lierres faisant penser à une chambre de princesse comme dans les contes de fées) car on voit le pied du lit en marron clair.

« Le débardeur rose à bretelles doubles retient mal l’énorme poitrine, comme de nourrice. Le rose du tissu renvoie à la couperose de la peau, du visage, des énormes joues. Les épaules sont de nageuses. Le cou a disparu. Tout est dodu et charnu, tout est puissant et pourrait devenir flasque si le décor n’en faisait pas cette poutre chic, cette charpente. Le chic vient peut-être de la main gauche, posée sur le pantalon à rayures épaisses, vertes et blanches, qu’elle effleure du bout des doigts« (…) « La grosse abeille de Valadon repose sur une couverture bleue, ornée d’un motif de grosses fleurs blanches, qui envahit le bas du tableau. Elle butine vaguement, naturellement. «L’air est saturé de bleu»,constataient les auteurs du catalogue de la rétrospective de 1967 au musée national d’Art moderne. Rimbaud : «O bleu (…) O, suprême clairon plein des strideurs étranges,/ Silence traversé des Mondes et des Anges.» L’ange Valadon n’est ni ailé, ni domestique, ni souriant. C’est un ange à la peau grasse, à la santé solide, qui descend d’un ciel concret. Les phalanges de la main droite, posée sur la couverture, sont épaisses et rouges, comme si la femme lavait chaque jour la vaisselle et le linge à l’eau froide. L’ensemble concentre, de manière inédite, un mélange de naturalisme et de formalisme. »( selon Phillipe Lançon sur l’article de la rétrospective au centre Pompidou dans le site du journal de Libération)


2 commentaires sur « La Chambre Bleue »

Laisser un commentaire

Désert Occidental

Ménagerie d'images de j’y Beaujean

Le Monde est Mathématiques?

C'est un site sur les Sciences principales.

ML

Les grands Artistes

Poësis

Un moment de poésie

Actualités de WordPress.com

Les dernières nouvelles de WordPress.com et de la communauté WordPress.

Concevoir un site comme celui-ci avec WordPress.com
Commencer